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RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE : QUELQUES COUPS DE PROJECTEUR


1) Ce n’est pas la planète qu’il faut sauver c’est l’espèce humaine. La planète Terre a vécu dans des temps très anciens avec 360°de température et pourrait subsister jusqu’ à l’extinction du soleil. L’humanité qui n’est jamais qu’un élément de la biodiversité pourrait périr de ses propres abus. Sa responsabilité dans le réchauffement n’en est qu’une des manifestations. S’y ajoutent la perte de fécondité liée aux pesticides, la propagation des épidémies liées à la disparition de l’univers sauvage qui créait un écran avec les virus, la disparition de la biodiversité (surexploitation économique, braconnage, réchauffement). L’homme va-t’il provoquer sa propre disparition par un effondrement démographique dans les zones désertifiées, déjà présent en Afrique puis dans les zones frappées par la montée des eaux (delta du Bengale, iles du Pacifique). La majorité de la population mondiale vit a proximité du littoral marin qui devient de plus en plus à risque. Parler du sauvetage de la planète plus que de l’espèce humaine permet d’éloigner le spectre de sa disparition.


2) L’homme a une grande incapacité à privilégier le long terme au court-moyen terme. Donner la priorité à l’avenir de ses petits-enfants - malgré les discours sur ce sujet – n’est pas dans les faits, prioritaire par rapport à la satisfaction des envies et projets d’un avenir proche. Le dicton populaire « de toute façon à long terme on est tous morts » illustre bien le sujet. Le court ou moyen terme est plus maitrisable que le long terme jugé plus aléatoire. Un exemple : les méga-inondations qui trouvent leur cause dans une violence accrue des rencontres entre fronts chauds et fronts froids sont liés au réchauffement. Les cartes des terres inondables montrent clairement les zones à risque. Elles ne sont pas systématiquement accompagnées d’une révision des secteurs constructibles et non-constructibles. Ce facteur est faiblement pris en compte dans les acquisitions immobilières, la perspective de montée des eaux étant perçue comme un alea sur une longue période malgré les nombreux évènements qui nous montrent le contraire. Les pouvoirs publics ont un horizon de l’ordre de 5 ans aligné sur le calendrier électoral rejoignant en cela l’opinion publique. Peu surprenant mais pas de chance tout de même.


3) La sous-estimation par les scientifiques de la vitesse de propagation du réchauffement climatique.


Qui aurait imaginé il y a 5 ans l’ampleur des incendies en Australie qui ont ravagé en 2019 l’equivalent du quart du territoire français, la récurrence des méga- feux en Californie, l’importance de la sècheresse en France cet été. Les rapports du GIEC ont une base scientifique qui est peu contestée. Ils sont toutefois la synthèse de très nombreuses études qui nécessite des choix qui ont une dimension politique. Le souhait de ne pas effrayer les populations peut être satisfait en étirant le calendrier du réchauffement. Cette sous -estimation de la rapidité avec laquelle il s’aggrave résulte aussi de la difficulté d’evaluer l’importance des interactions entre les phénomènes. Ainsi la fonte de l’Arctique a pour effet de réduire la superficie des glaces dont la blancheur renvoie la chaleur. L’augmentation de la température de l’océan qui en résulte a pour effet d’accroitre son acidité. Ce qui a pour conséquence de réduire la production d’oxygène des mers et de diminuer leur rôle de puits de carbone. Actuellement elles absorbent 30% du CO2. L’enjeu est vital. Autre exemple, la fonte du permafrost dans le sous-sol sibérien a pour effet de libérer dans l’atmosphère des grandes quantités de méthane trois fois plus chargé en gaz a effet de serre que le CO2. Le phénomène est d’autant plus grave qu’il provient d’une gigantesque région et qu’il va s’agréger aux autres sources de réchauffement avec un coefficient multiplicateur qui est réel mais méconnu. Et ce n’est qu’un debut. Avec le climat, c’est comme en mer, les ennuis ne s’additionnent pas, ils se multiplient.



4) Le progrès technique à la rescousse.


Pour certains le progrès technique apportera toutes les réponses au réchauffement. Ecartons les propos des Diafoirus mégalomanes - dont Elon Musk est le meilleur représentant - qui y voient une réponse universelle pour s’éviter les contraintes de la sobriété, développer leurs affaires et leur empreinte sur le monde.

La réactivité du monde économique est souvent à souligner. Ainsi l’industrie automobile a fait un virage stratégique majeur vers la voiture électrique sur la base d’une décision européenne récente d’éliminer la propulsion thermique à compter de 2035. Plusieurs groupes mondiaux ont procédé à des fusions ou alliances leur permettant de dégager les capitaux colossaux nécessaires à cette révolution, regrouper leurs bureaux d’étude, réduire les couts de développement, amortir leurs investissements sur une part de marché élargie. On peut citer la création du groupe Stellantis, résultat de la fusion de Peugeot et Fiat-Chrysler. Autre exemple : un grand operateur maritime français vient de créer un fonds de 1,5 milliard de dollars pour soutenir la production industrielle de nouvelles énergies (bio fuel, méthanol décarboné, hydrogène vert). Les exemples foisonnent dans d’autres domaines, mais le progrès technique ne permettra pas de faire l’économie d’une attitude des consommateurs plus sobre sinon rationnée.. Les calendriers de développement industriels ne seront pas toujours en phase avec les exigences climatiques, des aléas peuvent apparaitre, les couts unitaires de production devront se réduire fortement et rapidement pour conduire à des prix de vente accessibles au portefeuille de monsieur tout le monde à une large échelle. L’acces au progrès technique ne peut se limiter aux plus favorises pour des raisons de principe et d’efficacité. Enfin, de nombreux secteurs sont peu concernés par le progrès technique (logement, tourisme etc..) mais relèvent du comportement individuel.


5) La gigantesque capacité d’adaptation de l’Homme.


La génération des baby boomers à laquelle j’appartiens a connu une parenthèse historique avec une croissance continue, la paix, le droit de consommer sans considération des ressources limitées de la planète. Fin de partie. Dans leurs jeunes années les baby boomers ont entrevu une période révolue : des fermes dénués de tout élément de confort, la toilette sans eau courante, un chauffage au compte-goutte. Nous n’y retournerons sans doute pas mais la fin de l’abondance pourrait bien lui ressembler. Sont devant nous : d’une part, la fin d’une certaine mondialisation économique source de surconsommation énergétique, déséquilibre des échanges, développement du chômage ; d’autre part, un retour à des modes de vie plus contraints sinon rationnés (voyages, energie) et à des solidarités familiales pour assurer l’essentiel de la vie. Nous retrouverons les gestes des anciens dans ce qu’ils ont de bon en tentant de sauver le meilleur des « trente glorieuses ». Notre capacité d’adaptation, notre mémoire longue héritée de nos ancêtres et logée dans un coin sombre de notre cerveau reptilien devraient permettre d’y pourvoir.


Edouard

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