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ITALIE ET GRANDE-BRETAGNE A FRONTS RENVERSES

Nous avons assisté en 48 h à deux coups de théâtre : La Grande Bretagne, mère des démocraties parlementaires est confrontée à un coup de force de son premier ministre qui a décidé de suspendre la Chambre des communes afin d’étouffer toute tentative de sa part d’enrayer l’organisation d’un Brexit sans accord. Mesure sans précèdent depuis 1945 selon les observateurs si on exclut les courtes périodes d’arrêt d’activité liées à des changements de majorité. L’Italie de son côté fait face à la tentative brutale de son ministre de l’intérieur Salvini de faire chuter le gouvernement auquel il appartient et susciter un retour aux urnes lui permettant de revenir en force à la tête du gouvernement. Après tractations, un accord de dernière minute entre le mouvement 5 Etoiles et le parti démocrate a été trouvé pour faire échouer ce « putsch » et maintenir le premier ministre. Accord entre la carpe et le lapin dira-t ’on mais accord permettant la continuité du fonctionnement des institutions contrairement au cas anglais. Situation à fronts renversés : Le coup de force est en passe de réussir là où on ne l’attendait pas. La force tranquille du parlementarisme britannique a plié pour l’instant sous la férule d’un autocrate ; l’Italie, parangon d’instabilité a su mettre sa souplesse au service de la stabilité de ses institutions et tout compte fait de la démocratie. Mais le rideau n’est pas tombé sur les deux scènes. Les deux partis italiens échoueront peut-être à se mettre d’accord sur un programme de gouvernement ce qui pourra conduire à de nouvelles élections et un retour en force de Matteo Salvini compte tenu de sa popularité. Boris Johnson pour sa part peut plier l’échine face à une levée de boucliers du Parlement et de l’opinion. Quelles que soient leurs issues, ces deux situations contraires et inédites débouchent sur une conclusion convergente : malgré les différences de leurs histoires et traditions, règles institutionnelles, pratiques partisanes, les démocraties libérales peinent de plus en plus à affronter sans secousses sismiques les grands enjeux de l’époque. Ces deux exemples contrastés l’illustrent bien. Cette crise majeure de la représentativité et de l’efficacité de nos regimes se propage sous des formes diverses et avec une intensité variée dans de nombreux pays d’Europe. Aucun n’est à l’abri de soubresauts majeurs. Nous sommes des proies idéologiques de plus en plus faciles pour la Russie et la Chine, ennemis déclarés de nos systèmes politiques et partisans de régimes forts et autocrates.

Edouard BERLET

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